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# 1. Xylogravure \\ Papier Japon RK15 10 gr. \\ Format 60.4 x 49.6 \\ Couverture +28 Pages // Encre Noir de Luxe C – Bleu outre-mer de chez Cranfield. \\. Roby Comblain /// Olivier Deprez /// Perrine Estienne /// Caroline Lamarche /// Chantal Vey //. 2021. À paraître en décembre.

HOLZ#1 : 550

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Présentation

Le numéro 4 de la revue HOLZ est résolument féminin et a pour centre ardent, trivial et sublime, pour reprendre les termes du poème liminaire de Caroline Lamarche, l’œuvre de Chantal Akerman. Si les trois premiers numéros mettaient en évidence, successivement, la relation, l’habitation et la dissociation1, la revue n°4 met quant à elle en évidence la cécité comme point de fuite des récits.

À l’époque du capitalisme patriarcal algorithmique, les récits se déploient sur fond d’une mémoire aveugle constituée de flux d’informations. Raison pour laquelle l’une des multiples tâches de l’art est de se souvenir. Se souvenir ne signifie pas nécessairement diriger son regard vers le passé. On peut se souvenir pour envisager l’avenir comme dans le cinéma d’Akerman.

Le souvenir et plus précisément la mémoire sont des aspects importants du cinéma d’Akerman. Chantal Akerman lutte contre la cécité qui frappe la mémoire et lui résiste, en mettant notamment au centre de l’attention le sensible, l’émotion et le toucher, tout en dévoilant les structures sous-jacentes du réel.

Donc, certes modestement, le sensible et le souvenir comme manière de résister. Pour déranger plutôt que ranger2.

Et quoi de plus sensible, par exemple, que les couleurs. Si l’énumération est un mode de cheminement narratif, les couleurs en sont un autre. Rouge, jaune, orange et puis bleu outremer. Ainsi se déclinent les couvertures des différents numéros de la revue HOLZ. Comme dans un tableau de Barnett Newman.

Rapprochement qui n’est pas gratuit, l’abstraction est l’un des pôles de la revue. Les abstractions de Roby Comblain scandent le tracé narratif, l’interrompent, le figent et le relancent. Balises et repères, lampes tempêtes de flibustiers aussi bien qui, au fil des numéros, égarent plus et autant qu’elles ne signalent les dangers des écueils.

Dans le numéro 4 de la revue HOLZ, l’écrivaine et romancière Caroline Lamarche ouvre la revue avec un acrostiche. Le poème évoque le Kaddish, une prière juive surtout dévolue à glorifier le Divin mais qui peut être dite dans le cadre du deuil. Ce Kaddish en clair obscur rappelle la dimension judaïque et tragique de l’art d’Akerman. Ainsi est mis en évidence l’aspect rituel du cinéma akermanien.

Plus loin dans la revue, le poème de Perrine Estienne consacré à Jeanne Dieleman 23 quai du commerce 1080 Bruxelles, met en évidence le goût pour l’ordinaire caractéristique de la cinéaste bruxelloise et son esprit de contestation qui l’accompagne. Car il n’est pas question de se soumettre à l’ordre du quotidien sans broncher. En quelques mots, en quelques vers, la poétesse parvient à dresser une scène où se tissent les liens entre la contestation et la banalité de personnages qui vont et viennent parmi bas, slip et essuie noir.

Outre ces deux poèmes, les images et les abstractions des artistes Roby Comblain, Olivier Deprez et Chantal Vey plient et déplient les significations, ouvrent des espaces, s’attachent aux mots ou les réfutent, les creusent de l’intérieur et de l’extérieur jouant entre les pleins et les vides, les images et les formes abstraites. Deprez a choisi trois images issues du premier court métrage Saute ma ville datant de 1968, du film Jeanne Dieleman 23 quai du commerce 1080 Bruxelles sorti en 1975 et d’une installation vidéo, In the mirror, de 2007. Il esquisse de la sorte un chemin qui incite à remonter à la source des images tout en les transformant radicalement puisque l’on passe de l’écran à la page.

Enfin, si chaque numéro de la revue HOLZ réclame sa singularité et son autonomie, il ne faut pas moins concevoir aussi le tracé qui dans la succession s’esquisse et se trame. Les numéros se font échos les uns aux autres et figurent une toile dont les images, les mots et les abstractions sont les motifs et dont le sens qui n’est pas donné attend encore d’être interprété.


  1. Par dissociation, il faut entendre ici le terme contenu dans le syntagme « théorie critique de la valeur dissociation ». Cette théorie critique met en évidence la scission qui apparaît quand se pose la valeur marchande. En même temps que se pose la sphère de la valeur marchande se pose la sphère dissociée de la non-valeur marchande. Valeur et dissociation sont des catégories qui se façonnent l’une l’autre de manière dynamique et dialectique bien que la dissociation précède la valeur dans la mesure où c’est elle qui opère d’abord la distinction entre la sphère masculine de la valeur et la sphère féminine de la non-valeur. La sphère de la valeur est la sphère du masculin, de la productivité, de la concurrence, de l’indifférence au monde sensible, du sujet mâle blanc occidental valide hétérosexuel. La sphère dissociée de la non-valeur est la sphère du féminin, du soin, de l’attention à l’autre, de l’attention au monde sensible, de celles et ceux qui n’entrent pas dans la forme du sujet mâle blanc occidental valide hétérosexuel. C’est Roswitha Scholz qui la première a thématisé et théorisé la théorie critique de la valeur dissociation dans ces interventions au sein de la revue Krisis et ensuite dans le cadre de la revue EXIT.
  2. MAURY Corinne, Jeanne Dielman 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman, Crisnée, Éditions Yelow Now, 2020.


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